De pages en séries

01 juillet 2022

La faute à Rousseau

L'été commence, la saison du bac et ses marronniers sur les sujets trop difficiles est achevée... profitons-en pour se détendre.

La faute à Rousseau 3

 

Cette jolie série proposée par France 2 a tout pour plaire. Déjà, elle est visible gratuitemement, simplement en se connectant à la plateforme france.tv en replay.

Ensuite, elle est dans la veine des séries "intelligentes" proposées par cette chaîne qui ont pour vocation de distraire tout en égrenant un message culturel.
Profitons-en, avec la fin de la redevance, la TV publique deviendra une chaîne privée comme les autres, finie l'intelligence, vive la téléréalité bourrée de pubs !

Rousseau, c'est un prof de philo qui débarque dans le lycée de son fils qu'il a négligé pendant des années, suite à la rupture douloureuse d'avec sa mère. Burn out, dégringolade dans les paradis artificiels, Benjamin Rousseau a connu des moments peu glorieux, son souhait étant de se rapprocher de ce fils presque adulte avant qu'il ne soit trop tard. Il vient se réinstaller "temporairement" chez sa mère, jouée par une excellente Anny Duperey sans aucun filtre, qui héberge aussi son petit-fils.

Le voilà à jongler pendant une année avec ses propres démons et ceux de ses élèves, à qui il enseigne la philosophie en s'appuyant sur les évènements de leurs vies.

Ainsi, chaque épisode est lié à un sujet de réflexion philosophique, qui sera développé entre le prof, l'élève concerné et le groupe classe.

Benjamin Rousseau est joué par Charlie Dupont, un excellent acteur belge. Il a une aisance étonnante, un capital sympathie immédiat et se glisse dans la peau de ce prof comme si c'était la sienne. Drôle, touchant, il parvient au bout de ses démonstrations, malgré une maladresse et un aveuglement singulier le concernant.

La faute à Rousseau 2

Bien sûr, les méthodes de Rousseau sont plus que limites : même si c'est dans le but de les faire réfléchir, il n'hésite pas à dévoiler les secrets de ses élèves, avec les conséquences que l'on peut imaginer. Ce qui serait inacceptable dans la vraie vie devient le ressort des épisodes, puisque l'intéressé mais aussi tout le groupe classe devient finalement un sujet d'étude vivant. Mettre de la philo au coeur de nos vies au lieu de rester coincé dans ses problèmes au risque d'en devenir intolérant ou extrémiste ? C'est le moteur de ce prof humaniste qui se mêle de la vie de tout le monde, en se montrant parfaitement incapable de gérer la sienne. Heureusement sa mère, hilarante, le ramène régulièrement dans le droit chemin en le secouant comme il se doit - et en le faisant réfléchir à son tour.

Les jeunes acteurs sont justes et naturels, on s'attache à cette classe et ses jeunes élèves, que l'on suit tout au long des huit épisodes. On pourrait reprocher le casting qui a choisi des jeunes plus âgés que leur âge supposé - mais c'est récurrent dans toutes les séries.

Cette série  épatante aborde les grands thèmes de la vie en société, avec bienveillance et humour : c'est une réussite. Enfantin, rebelle, avec des méthodes totalement anti-conformistes, ce prof redonne envie d'enseigner... ou d'apprendre. 

Alors pour passer un bon moment, rendez-vous vite sur france.tv car les deux saisons de cette série y sont en intégrale, mais seulement jusqu'au 8 juillet !  

A très bientôt chers lecteurs, pensez à me mettre un petit mot après votre lecture...

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07 mai 2022

"Les Lendemains"

J'ai entendu une interview de l'auteur Mélissa Da Costa, que je ne connaissais pas, j'ai eu envie de découvrir ses livres. Mon choix s'est porté sur "Les lendemains", que j'ai lu en deux jours ! 

Les lendemains

Résumé à ma façon :

Amande est doublement endeuillée : elle vient de perdre son compagnon et son enfant. Incapable de continuer sa vie comme avant, elle quitte travail et appartement familial pour se réfugier dans une maison perdue dans le Massif Central. Elle cherche alors comment continuer à vivre, malgré tout.

 Mon avis :

Le thème de ce livre peut rebuter de premier abord car le deuil est à mon avis devenu un sujet difficile dans notre société. On demande à celui qui a perdu un être cher de  "faire son deuil" (quelle affreuse expression !) comme s'il y avait un délai acceptable au chagrin pour les autres. Il est compliqué finalement de parler de ce qu'on ressent. Très vite autour de soi les autres vous disent que cela fait longtemps, qu'il faut passer à autre chose...

Pour avoir vécu une telle période traumatique, ainsi que mes proches autour de moi, je sais que chacun vit cette période comme il le peut.

C'est ce droit que réclame Amande, le personnage principal de ce livre : aller jusqu'au bout de son désespoir, sans savoir combien de temps cela lui prendra, ni quel chemin elle empruntera.

Ce livre est parfois contemplatif, il suit les émotions de la jeune femme et sa manière saugrenue de les affronter - somme toute assez joyeuse et poétique. Malgré sa consternation lorsque des membres de sa famille ou des amis lui conseillent des "techniques pour aller mieux", elle en écoute certains, mais les applique d'une manière si surprenante qu'on en vient à admirer sa créativité et à s'en réjouir avec elle.

Peu à peu, sans qu'elle s'en rende compte, la vie rentre dans sa petite maison, sous des formes que je vous laisse découvrir - ce serait vraiment dommage de dévoiler l'intrigue.

A la fin du livre, Amande n'a pas surmonté sa tristesse, mais le chagrin ne la terrasse plus. Elle est prête à continuer sa vie, sur une voie totalement nouvelle. 

Mélissa Da Costa a une écriture simple et limpide. Elle raconte avec une pudeur infinie le désespoir de la jeune femme, sans jamais plonger dans le voyeurisme, par petites touches.

Mélissa Da Costa

On est ému, triste, amusé, on aimerait bien être aussi invité dans sa petite maison au milieu des bois ! Au final, ce n'est pas le thème du deuil que l'on retient, mais celui d'une renaissance. J'aurais aimé lire ce livre plus tôt, j'aurais expérimenté certaines de ces expériences libératrices !

Dans l'interview que j'ai entendue, l'écrivaine racontait qu'elle pensait que c'est parce qu'elle venait d'un milieu simple qu'elle parvenait à toucher tout le monde. Il y a aussi son grand talent à raconter des histoires d'une grande profondeur en laissant croire que c'est facile... 

Au final, je vous recommande chaudement ce roman lumineux, pour ma part je sais déjà que je lirai d'autres livres de cette écrivaine.

A très bientôt, pensez à me laisser un petit message !

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01 avril 2022

"La Chronique des Bridgerton" saison 2

Synopsis à ma façon : 

Après la saison 1 qui a vue sa soeur cadette épouser un duc, c'est au tour du vicomte Anthony Bridgerton (Jonathan Bailey) de se chercher une épouse.

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Ce débauché, assez antipathique dans la saison 1, car il souhaite faire respecter aux autres les règles de la bienséance, pose ses critères de choix de manière rationnelle. Il souhaite sélectionner une mère pour ses futurs enfants et une femme capable d'endosser le rôle de vicomtesse. Mais il se refuse à y mettre le moindre sentiment. Bien sûr, le destin va s'en mêler ...

 Mon avis :

Cette série est inspirée de la saga du même nom écrite par Julia Quinn, dont chaque tome est centré sur l'un des enfants de cette nombreuse fratrie. Après avoir lu le tome 1 pour lequel j'ai trouvé la série meilleure, le tome 2 m'est carrément tombé des mains, tant l'intrigue m'a parue calquée sur le premier - il faut dire que je ne suis pas très fan des livres romantiques.

Inquiétude, donc. Et puis, bonne surprise : on s'attendait à une avalanche de scènes de sexe, qui avaient fait l'un des succès de la saison 1. Là, on est plutôt dans un marivaudage piquant, qui m'a rappelé plusieurs fois "Orgueil et préjugés", un film qui est une friandise personnelle !

Coincé dans un triangle amoureux, Anthony ne sait plus comment s'y retrouver entre sa passion intense refoulée pour Kate Sharma (Simone Ashley), la soeur aînée, et Edwina Sharma (Charithra Chandran), la soeur cadette qui coche toutes ses cases.

Cette saison explore des domaines complexes, tels que les blessures du passé et le rôle des aînés dans cette société anglaise collet-monté, qui a amené ces deux jeunes gens à assumer des fonctions qui leur ont ôté leur légèreté et poussés à faire des choix basés sur leur seule raison.

Anthony a dû, tout jeune, endosser le titre de vicomte et ses nombreuses contraintes, alors que Kate a tout sacrifié pour faire de sa soeur une femme digne d'endosser un titre de noblesse, et refuse de risquer de gâcher ses chances par un scandale.

De son côté, Edwina est charmée par Anthony et ne voit rien de ce qui se joue autour d'elle.

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La tension érotique est intense entre Kate et le vicomte, ce qui nous offre de magnifiques séquences romantiques. De nombreuses scènes de joutes verbales épiques jalonnent les épisodes entre ces deux caractères forts et explosifs - on s'amuse beaucoup.

Comme dans la précédente saison, les costumes sont spectaculaires, j'ai largement admiré les dentelles brodées et perlées des robes - mais les hommes sont également d'une parfaite élégance  !

Kate et Edwina

On s'amuse aussi des anachronismes, du multiculturalisme qui nous fait aimer les acteurs pour leur jeu et non pour leur couleur de peau, un choix assumé qui peut faire râler les amateurs de "vérité historique", mais bien rafraîchissant.

Cependant, il manque peut-être un peu de faste et le petit grain de folie qui m'avait enthousiasmée pour la première saison.

Les personnages secondaires ont de bonnes tranches de scènes personnelles, avec un focus sur Lady Whistledown (Nicola Coughlan), la comère qui révèle les secrets de la cour, dont l'identité était révélée à la toute fin de de saison 1 - et la narratrice off de la série.

La fin est sans suspense mais on s'en fiche ! On a envie d'une peu de légèreté, de bonheur - pour ma part je sature des séries violentes et guerrières dont les plateformes nous inondent - surtout en ce moment de violence mondiale.

Eh bien maintenant, on attend avec impatience la suite, sans savoir sur quel membre de la fratrie elle sera centrée... D'ici-là, faites-vous plaisir et dévorez sans complexe cette pâtisserie sucrée en l'espace d'un week-end !

 Bande-annonce en VF

Série en 8 épisodes, production et diffusion exclusive Netflix.

J'espère que cette suggestion de série vous plaira, pensez à me mettre un petit mot après votre lecture !

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20 février 2022

Série : Leonardo

Le lundi, jour a priori tristounet où l'on retourne au travail, vient de trouver un peu d'agrément grâce à la splendide série proposé sur France 2 en ce moment.

Synopsis à ma façon :

Leonardo Da Vinci (Aidan Turner) vient d'être emprisonné, accusé d'avoir empoisonné Caterina da Cremona, qui aurait été son amante.

Leonardo affiche

C'est le jeune procureur Stephano Giraldi (Freddie Highmore) qui l'interroge pour obtenir ses aveux. Au fil de son récit, nous retournons dans le passé de Leonardo, qui ne se défend pas. Dans le premier épisode, Leonardo est apprenti chez Andrea Del Verrochio, chez qui il espère devenir un jour premier apprenti. Lui qui ne peint que la vérité de ce qu'il voit se trouve rapidement en butte aux critiques de ceux qui attendent de lui de "jolies oeuvres".  Sa première rencontre avec le modèle Caterina da Cremona (Matilda De Angelis), jeune fille de basse extraction à la beauté lumineuse,  est particulièrement détonnante. Pourtant, il noue avec elle une relation atypique, lui qui aime les hommes.

Mon avis :

Vous savez que sur ce blog je ne parle que des séries qui m'ont plu, alors  je me lance.

Je suis particulièrement attirée par le thème de la naissance de l'inspiration chez les artistes, quels qu'ils soient. Ici, on est au coeur de l'art de Leonardo da Vinci. Son regard unique, qui transcende les lieux, les personnes, lui permet de les reproduire dans leur vérité. Il cherche le détail, travaille l'ombre autant que la lumière, expérimente des techniques inédites.

Passionné de science, de technique, il se cultive en lisant beaucoup, et invente des machines d'une modernité stupéfiante pour le XVe siècle.

Joué par Aidan Turner, que l'on a tant aimé dans Poldark, Leonardo est fragile, faillible, totalement humain. Il hésite, se trompe, éreinte ses amis et ses apprentis car il n'a aucune limite. Il observe, dessine, cherche le détail, puis recommence. La fatigue et la faim ne sont que des contingences, des contraintes qu'il balaye d'un revers de main ! 

Les oeuvres du Maître illustrent tout le récit, et l'on s'amuse à voir par ses yeux des scènes du vivant qu'il reproduira en peinture ou sculpture par la suite - j'ai regretté de ne pas avoir plus de culture artistique...

LeonardoFresque

Aidan Turner offre son visage au Maître, toutes les émotions se reflètent sur son visage. Ici, on retrouve la fougue de Poldark, mais c'est un homme soumis d'une manière extrême à son art qu'il nous dépeint ici, au fur et à mesure de l'avancement du temps, parfois jusqu'à la compromission.

Cette série internationale au casting 3 étoiles nous plonge au coeur de l'art - ce que l'on peut attendre de mieux d'une chaîne publique. L'intrigue policière vient apporter un prétexte à remonter le temps, plutôt que de nous livrer un récit de la vie de cet homme extraordinaire - même si cela aurait largement suffi.

Caterina

Ainsi, des éléments et des personnages inventés (tels Caterina) se glissent dans le récit historique. Pour ma part je trouve que cela donne de la complexité aux sentiments de ce personnage, qui au cours des épisodes devient si avide de réussite - son art le dévore - qu'il en écarte ses amis et remet en cause ses idées de probité. 

Bande annonce

Diffusion le lundi à 21 h sur France 2 ou bien en Replay sur France.tv série en entier.

Quelques informations :

Série internationale de 8 épisodes produite en 2021, créée par Franck Spotnitz et Steve Thompson.

J'espère que ce choix de série vous plaira, et que vous me ferez part de vos avis. A très bientôt !

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25 janvier 2022

Créance de sang

J'avais ce "vieux" livre de Michaël Connely dans la zone "à lire" de ma blibliothèque, que j'ai essayé de vider un peu cet été.  Plongeons-nous un peu dedans...

Creance-de-sang

Résumé à ma façon :

Terry Mc Caleb, un ex-agent du FBI, vient de subir une greffe du coeur. En convalescence sur son bateau, très fatigué, il reçoit la visite d'une jeune femme, Graciela Rivers, qui lui demande d'enquêter sur la mort de Gloria Torres. Mc Caleb ne comprend pas son insistance, car celle-ci est morte semble-t-il par accident, lors du braquage d'une épicerie. Graciela finit par lui avouer que c'est le coeur de sa soeur Gloria qu'on lui a greffé, et joue sur son sentiment de culpabilité. Mc Caleb démarre l'enquête à contrecoeur, au péril de sa santé, pour faire la lumière sur cette affaire, lui qui a contracté une créance de sang.

Mon avis :

L'un des meilleurs livres de cet auteur, à mon avis !

Le point de départ est intrigant, l'enquête nous emmène sur des pistes surprenantes. Le rythme n'est pas trépidant, à l'image de cet homme fatigué qui tente de recommencer à vivre. 

Comment enquêter quand on n'a plus aucun droit de le faire ? L'ex-agent peut compter sur l'aide d'anciens collègues pour obtenir le dossier de l'enquête. Puis il décide de reprendre chaque piste, minutieusement, afin de trouver le petit truc qui cloche qui pourrait le mettre sur la voie.

Très touché par l'histoire de Graciela, il s'implique encore plus quand il découvre qu'elle a pris en charge son jeune neveu, un garçon adorable auquel Terry s'attache très vite... ainsi qu'à sa magnifique tante. Le coeur de Gloria aurait-il apporté de la tendresse au vieux célibataire ?

Introspection, questionnements sur le sens de la vie et la mort, sur son choix de carrière dangereuse, lui qui s'est spécialisé dans la traque des tueurs en série... Terry Mc Caleb est amené à se retourner sur son passé, tout en enquêtant avec efficacité sur les semblants de pistes qu'il découvre. 

Une histoire palpitante, qui suit un autre personnage que ceux, récurrents, de Michaël Connelly, tout en respectant le suspens et la plume parfaite de cet auteur. Un grand cru !

Créance de sang film

Pour la petite histoire, cet opus a été mis en image en 2002 par Clint Eastwood, qui joue également le rôle de Mc Caleb : un gage de qualité et un très bon film que je vous conseille également !

Chers lecteurs, pensez à me laisser un petit mot, trace de votre passage... A très bientôt !

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04 janvier 2022

"Le tour du monde en 80 jours"

Quoi de mieux pour vous souhaiter une bonne année 2022, qu'une série stimulante ? Cette nouvelle adaptation du roman de Jules Verne modernise le récit tout en respectant son esprit. Je trouve qu'elle correspond au foisonnement inventif de l'auteur. 

Le tour du monde en 80 jours

Synopsis à ma façon :

Londres, 1872. Vieux garçon aigri, confit dans son quotidien, Philéas Fogg reçoit dans son  club de gentlemen une carte le traitant de lâche. Sous le coup de l'émotion et de la colère, aiguillonné par le défi lancé par l'un de ses plus vieux amis, il prend le pari de faire le tour du monde en 80 jours après avoir lu un article expliquant que c'était scientifiquement possible. Lui qui n'a jamais mis le pied hors d'Angleterre part sans préparatif, avec pour compagnons de voyage Passepartout, un domestique rencontré à la dernière minute, qui semble vouloir fuir très vite l'Angleterre, et Abigail Fix, la journaliste qui a écrit l'article qui a lancé cette folle aventure.

Mon avis :

Cette mini-série en 8 épisodes est une perle !

Il s'agit d'une superproduction européenne, avec dans le rôle principal David Tennant, qui s'est révélé aux spectateurs dans l'exceptionnelle série "Broadchurch" dont je vous ai déjà parlé. Je le connaissais pour ses rôles sombres voire tragiques, j'étais curieuse de le voir dans un rôle de comédie. Dans la peau de Philéas Fogg, il joue avec brio sur toutes les palettes de l'émotion : il nous fait ressentir le désespoir de son personnage persuadé de n'être pas à la hauteur de la tâche, qui doit trouver en lui les ressources pour faire un pas de plus. Amoureux désespéré, scientifique visionnaire, ami fidèle, il endosse chaque personnage d'une scène à l'autre, toujours aussi crédible et nous fait rire par ses excentricités.

Le-tour-du-monde-en-80-jours

Passepartout est joué par le comédien français Ibrahim Koma, qui répète à l'envie "Je suis français" pour expliquer certaines "bizarreries", qui nous paraissent surtout britanniques ! C'est un véritable plaisir de découvrir cet acteur à l'énergie débordante, qui cache des ressources infinies pour sortir l'équipe de situations invraisemblables.

Abigail Fix est jouée par Léonie Benesch, qui elle est allemande. Elle irradie d'énergie, de bonne volonté, se révèle le soutien indéfectible du trio, qu'elle pousse, encourage sans jamais perdre espoir, même dans les pires moments.

J'ai apprécié le principe d'une aventure centrée sur le pays où les aventuriers arrivent. On s'amuse de voir certains des clichés communs sur les divers pays utilisés puis remodelés. Ainsi, Philéas n'a jamais quitté son club de Londres. Il n'a sur le monde qu'une vue colonialiste et partiale - ce qui explique les clichés tels le mariage bollywood en Inde ou l'attaque de la diligence au Far-West.

Le tour du monde

Mais le réel le rattrape vite : les "indigènes" qu'il regarde avec un vague mépris teinté de stupeur n'ont pas besoin de patries lointaines pour leur apprendre comment vivre. Les femmes ne sont pas faibles, les noirs ne sont pas des esclaves mais des hommes comme lui... Heureusement, son fond ressort et lui permet de réagir en humain plutôt qu'en gentleman anglais, il découvre en lui des trésors de courage, d'énergie et de bonté.

De même, ses compagnons confrontés aux difficultés évoluent, se découvrent intimement, révèlent leurs souhaits de vie, leurs forces, et tous trois font front face aux faiblesses des autres. Racisme, machisme, colonialisme... bien des mots (maux ?) en "isme" sont confrontés au cours des épisodes, on se régale devant certains anachronismes. 

Les sites naturels choisis sont magnifiques. Le tournage a été fait en pleine pandémie, David Tennant qui est également producteur raconte que les difficultés de tournage et de déplacement ont apporté de l'émerveillement dans le regard des équipes, face à ce monde devenu difficile à arpenter, comme dans l'histoire elle-même. 

Les scènes d'action nombreuses apportent beaucoup d'énergie, avec des "morceaux de bravoure" parfaitement réjouissants où chaque membre du trio a une place centrale à tour de rôle. On rit, on s'enthousiasme, on piaffe avec Philéas et ses compagnons : quel plaisir !

Cette mini-série à dévorer en quelques soirées peut également se voir en famille, un vrai bonheur qui fait respirer et rêver en cette période sombre où l'on est tenté par le repli sur soi. 

Bande-annonce en VO sous-titrée

Cette série est accessible gratuitemement et en intégralité sur le site france-tv 

A très bientôt, chers lecteurs ! N'oubliez pas de me laisser un petit mot...

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29 septembre 2021

Rien ne t'appartient

J'ai lu récemment ce court roman de Nathacha Appanah. Il m'a fallu du temps pour trouver les mots pour en parler.

Rien ne t'appartient

Résumé à ma façon :

Tara vient de perdre son mari. Enfermée dans sa douleur, elle ne parvient plus à communiquer, même pas avec son beau-fils qui tente maladroitement de l'atteindre. Tara vient de loin, d'un pays dévasté dont son mari médecin humanitaire l'a ramenée. Leur amour l'a éveillée à la vie, sa mort à lui la transporte loin en arrière...

 Mon avis :

Ce roman bouleversant se passe uniquement dans la tête de Tara, qui raconte peu à peu sa vie, en écho à la douleur de la perte de son mari. Cet évènement dévastateur pour toute femme amoureuse vient faire exploser la relative stabilité de la vie qu'elle s'était construite avec lui.

Le lecteur découvre peu à peu que cette femme ne s'est jamais livrée à qui que ce soit, même à son mari qu'elle a pourtant aimé de tout son coeur. Nul ne sait rien d'elle, de son passé, de ce qu'elle a vécu dans son pays d'origine.

Les images ressurgissent, guidées par ses sensations, ses souvenirs se bousculent comme les mots refoulés qu'elle n'a jamais prononcés ; les différentes phases de sa vie, avec leurs bonheurs et leurs épreuves qui paraissent insurmontables ; les différentes personnalités qu'elle a dû endosser pour simplement survivre.

On ne sait rien de ses origines, son pays n'est pas nommé, on ne fait que deviner en rassemblant des indices au fur et à mesure de son récit. Comme si même elle avait tout voulu effacer. 

Pourtant sa vie si difficile pleine de traumatismes aurait pu être partagée avec son beau-fils qui ignore tout d'elle et tente pourtant de l'atteindre dans sa bulle, lui qui est aussi en deuil.

Les mots de l'écrivaine suivent le fil chaotique de sa pensée, rapides, comme le flux de pensées qui inondent Tara sans cesse et la traversent en laissant des bribes de son histoire. C'est un peu déstabilisant au début, le temps de comprendre que le récit est interne et non verbalisé.

Le thème de ce livre n'est pas tant le deuil que celui de la perte. A combien de pertes un humain peut-il survivre ? Quelle est la goutte d'eau qui fera déborder son vase de vie ? Le drame de l'un peut paraître anodin à un autre, mais la perte ne se mesure qu'à l'aune de chacun...

Il est difficile d'en raconter plus sans dévoiler la trame du récit. J'ai fini ce livre bouleversée, non seulement par la vie elle-même de Tara - clairement il fait bon vivre en France ! - mais surtout par son impossibilité à se dire qui la condamne à la solitude, malgré l'amour des siens.

Ce livre est un petit bijou, une bonne idée de cadeau pour les fêtes, même si son thème sombre paraît rebutant : la vie de Tara reste en mémoire comme celle d'une étoile filante, on ne l'oubliera pas.

 Roman en 160 pages, édité chez Gallimard (16,90 €). 

Chers lecteurs, n'oubliez pas de me laisser un petit commentaire !

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11 septembre 2021

Virgin River

J'ai commencé il y a quelques mois à visionner cette série romantique, j'ai eu la grande surprise de voir qu'elle avait un succès phénoménal !

Virgin River S1

Synopsis à ma façon :

Pensant se réfugier dans l'anonymat d'une petite ville pour échapper à son lourd passé, Melinda dite Mel (Alexandra Breckenridge) se trouve dès son arrivée accueillie chaleureusement par Jack (Martin Henderson), le patron du bar et resto de Virgin River. Cette infirmière et sage-femme va avoir fort à faire avec le vieux médecin de famille qu'elle est censée seconder. A Virgin River tout le monde se connaît et rien ne reste secret très longtemps. Chacun se mêle de la vie des autres, avec plus ou moins de délicatesse et de réussite... Mel hésite entre partir et fuir à nouveau, ou décider de rester et se faire une place dans cet endroit qu'elle a choisi.

Mon avis :

Enrobée dans une apparence sucrée d'histoire (très) romantique, cette série cache bien son jeu ! 

Dans un premier temps, on est amusé par ce qui semble une série légère de plus, avec un scénario centré autour de quelques personnages forts et plein de personnages secondaires. La Maire trop énergique qui se mêle de tout, le vieux docteur ronchon, la voisine curieuse... chacun a une histoire singulière qu'on suit avec curiosité.

Mais très vite, on découvre les secrets ou blessures des uns et des autres. Des thèmes très délicats et difficiles sont abordés dans cette série : le deuil, la séparation, les traumatismes, les différents âges de la vie...

Les personnages parlent beaucoup, échangent sur leurs émotions et leurs sentiments. Pourtant ce n'est pas appuyé, les silences aussi sont présents, ainsi que les paysages simples, magnifiques, qui rythment la vie des habitants de la petite ville. On prend peu à peu plaisir à associer un personnage à son environnement, ses amis.

Mais ce qui est le plus intéressant et touchant dans Virgin River, c'est la manière dont les problèmes des uns deviennent l'affaire de tous. Si cela semble parfois pesant, quand l'un des habitants souhaite le calme et la paix, c'est aussi une jolie manière de montrer son affection ou son attention, très loin de l'individualisme forcené que l'on voit apparaître ces denières années autour de nous.

Virgin River S2

Cela fait un bien fou : la magnifique histoire d'amour entre Mel et Jack est transfigurée par les blessures de chacun, ce qui lui évite de sombrer dans la mièvrerie à laquelle on s'attend. Certains des personnages frôlent l'effondrement personnel, pourtant on a envie de les voir s'en sortir, malgré leurs choix douteux ou maladroits.

Cette série, comme "This is Us", dont je vous parlais ici, est une série qui fait du bien, par l'intelligence de sa narration grave derrière un aspect léger.

Un coup de coeur absolu, dont les saisons se succèdent en se bonifiant : à regarder sans modération, on attend la 4ème saison avec impatience !

Quelques infos : 

Série en 3 saisons de 10 épisodes diffusée sur Netflix.

A très bientôt sur le blog pour de nouveaux conseils lecture ou série ! 

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19 août 2021

"Légende"

Voici un livre qui traînait dans ma bibliothèque, secteur "livres à lire" depuis un moment. J'y ai posé les yeux il y a peu et l'ai terminé en quelques jours ! Je n'avais pas eu l'occasion de lire de Fantasy de David Gemmel jusqu'alors, je dois dire que ce fut une bonne découverte.

Légende

 

Résumé à ma façon :

L'empire Drenaï est attaqué par l'immense armée des Nadirs, unifiée par le chef de guerre Ulric. Entre son armée et le royaume Drenaï se dresse la forteresse de Dros Delnoch. Entourée de six remparts successifs, la forteresse est imprenable si elle est convenablement défendue. Mais il ne reste à l'intérieur que quelques milliers d'hommes, la plupart sans aucune expérience du combat.

Leur seul espoir ? Faire venir à la forteresse Druss La Légende, un vieux guerrier aux exploits légendaires, pour redonner courage aux défenseurs et aider à former les hommes. Rejoint par Rek, un guerrier terrifié par la mort, qui va décourir le courage avec l'amour ; Flécheur et ses archers, des brigands ; ainsi que par une étrange confrérie de moines guerriers aux pouvoirs magiques, Druss va faire tenir Dros Delnoch face aux 500 000 hommes d'Ulric, dans l'espoir de permettre le recrutement et la formation d'une armée en aval, sur le territoire Drenaï.

Mon avis :

Ce livre introduit le cycle "Drénaï" de David Gemmel, mais contrairement aux livres de bien d'autres auteurs de Fantasy, il s'agit d'un tome unique et non du début d'une saga. Par la suite, David Gemmel a repris certains des héros de cette histoire pour raconter leur vie jusqu'au moment où ils arrivent dans "Légende", puis raconter la suite de cette histoire, dans d'autres lieux ou époques. Mais c'est son premier livre à succès, que l'on peut lire totalement indépendamment du reste.

"Légende" fait la part belle aux héros, dont il questionne tout du long les motivations. A partir de quand devient-on un héros ? Peut-on être un héros si personne ne raconte vos faits d'armes ? La vie de tous les jours est-elle plus importante que de combattre pour sa liberté ? La fuite ou le renoncement sont-ils acceptables ? Peut-on faire des actes héroïques malgré la peur qui vous tenaille ?

Autant de sujets d'ordre philosophique, qui sont abordés ici dans cet opus guerrier d'une grande noirceur : les personnages n'ont quasiment aucune chance de s'en sortir et combattent uniquement pour laisser à d'autres le temps de s'organiser pour poursuivre la lutte. Tenir, le plus longtemps possible, voilà leur objectif.

Pourtant, David Gemmel parvient à instiller beaucoup d'humour dans ses dialogues, car ses personnages parlent beaucoup. Discours pour les gradés qui doivent encourager leurs hommes, conversations intimes pour les hommes du rang ou entre officiers hors de leur temps de commandement. On rentre ainsi dans l'intimité de chacun, quel que soit son rôle dans cette aventure. C'est d'autant plus déchirant de les perdre, au fur et à mesure. Les personnages de Gemmel ont une épaisseur étonnante, sûrement liée à notre connaissance intime de leurs pensées et de leurs motivations, l'humour noir des dialogues venant alléger l'atmosphère, dans nos petits coeurs de lecteurs comme sur les remparts de Dros Delnoch.

Les livres de Fantasy nous offrent souvent cette possibilité d'une réflexion sur des thèmes qui finalement sont totalement d'actualité. La guerre et sa violence envahissent nos vies par le biais des informations, et notre monde est sans cesse au bord de l'explosion. Les hommes qui se battent peuvent selon les points de vues être qualifiés de rebelles ou de libérateurs. Par sa force évocatrice, la Fantasy de David Gemmel nous plonge au coeur de la bataille, plus sûrement que les journaux télévisés, et nous permet de mieux comprendre ce qui se joue d'humain dans les conflits armés.

Quelques infos :

En livre de poche "Rééedition 30 ans" 2014 :  8,20 €

Ebook : 5,99 €

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30 juillet 2021

La vallée

J'ai lu plusieurs romans de Bernard Minier ce printemps, l'occasion de vous parler du dernier opus qu'il a publié. 

La vallée

Résumé à ma façon :

Martin Servaz reçoit en pleine nuit un appel de son amoureuse, qui a été enlevée des années plus tôt. Il part immédiatement à sa rencontre, dans un tout petit village des Pyrénées. Mais à son arrivée, une explosion ferme l'entrée de la vallée. Le village se retrouve coupé du monde, les tensions montent, alimentées par les messages d'un corbeau. Des meurtres épouvantables se produisent, mis en scène de façon effroyable. Martin, suspendu par sa hiérerchie, mène cependant l'enquête, aux côtés d'une jeune gendarme rencontrée lors d'un roman précédent.

Mon avis :

Un super roman, avec une ambiance lourde et un dénouement franchement glaçant.

Le personnage clé des romans de Bernard Minier, Martin Servaz, est un flic rebelle qui ne respecte pas vraiment le règlement et glisse d'avertissements en suspensions. "La famille avant tout" semble être son leitmotiv, ce qui est me semble-t-il discutable quand on est dépositaire du maintien de l'ordre.

L'idée de clôre la vallée pour isoler le village et ses habitants est intéressante. Les meurtres sont terrifiants et on se fait de grosses peurs. Les secrets les plus sombres sont peu à peu révélés.

L'idée de déplacer les polars des villes vers la campagne n'est pas nouvelle, mais on est à chaque fois heureux de retrouver Martin et les beaux paysages dans lesquels il se déplace. Les Pyrénées représentent une toile de fond formidable au Mal que Bernard Minier se plaît à traquer chez ses concitoyens, jusqu'au fond des plus petits villages.

Je reste cependant un peu réservée pour le fil rouge que Servaz traîne derrière lui. Son Méchant récurrent est un peu falot et il me semble que les enquêtes se suffisent à elles-mêmes. Je ne vois pas du tout l'intérêt d'y rajouter des intrigues développées dans d'autres romans.

Je vous suggère donc cette lecture pour rafraîchir vos chaudes journées d'été - si toutefois nous en avons ! 

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