Un livre génial à lire ou offrir à vos ados ou jeunes adultes. Ou bien à vous-même quel que soit votre âge.

P'tit résumé : 

Les ailes d'émeraude

 La jeune Cassiopée est orpheline et vit dans une institution avec d'autres enfants plus jeunes dont elle devenue une sorte de grande soeur. Pourtant elle doit partir le jour de ses 18 ans. A l'issue d'une agression, elle découvre qu'elle fait partie d'un peuple à part, les Myrmes, porteurs d'ailes et dotés de pouvoirs décuplant les sens. Elle rejoint contre son gré une colonie de ces êtres, où elle apprend à développer et maîtriser ses pouvoirs. Cependant il n'est pas facile d'être accepté, en étant porteur d'une si grande différence, que ce soit par les humains ou même par ses semblables. 

Mon avis :

Il s'agit du premier roman d'une toute jeune fille, qui a bénéficié du nouveau système d'édition de France-Loisirs, "Nouvelles Plumes" : un comité de lecteurs sélectionne les manuscrits reçus. Mais elle a en supplément gagné le Prix de l'Imaginaire 2014 qui sélectionne le meilleur roman jeunesse...

Un bon début pour elle, on peut le dire !

Cassiopée porte sur elle et les autres un regard sans complaisance mais plein d'humour. Son histoire est originale, à tiroirs : elle découvre à la fois ses pouvoirs et des éclaircissements sur les mystères de sa naissance. Les relations entre les personnages sont intéressantes. De l'amitié plus ou moins profonde au respect quasi-parental, de l'amour à la fraternité, Cassiopée va faire des rencontres toujours plus riches avec son entourage, qui vont de la loyauté la plus profonde à la trahison.

Ella va aussi découvrir la violence, la complexité des relations entre les êtres. Elle va devoir s'accepter dans une différence qui l'exclut du monde des humains avant de lui permettre de se rapprocher de personnes qui lui ressemblent.

Ce livre est une ode à la différence : comment l'accepter, la vivre au quotidien, la dépasser, puis s'en enrichir. Il est également très romantique, avec de belles histoires d'amour, de grosses déceptions également. 

En conclusion : un très beau livre que je vous recommande, si comme moi vous aimez la science fiction, plutôt dans une catégorie héroic fantasy. Vous garderez sûrement de la tendresse pour le personnage de Cass et le beau Gabriel.

Sachez qu'Alexiane est en train d'écrire la suite !

Mon seul bémol : les très nombreuses fautes d'orthographe de l'édition, assez inadmissibles dans un livre plutôt destiné à la jeunesse. 

 Quelques informations : 

Alexiane de Lys a vingt ans, c'est son premier roman. 

Alexiane de Lys

 Prix : 19,95 € version papier - 12,99 version e-book (prix indicatifs)

L'extrait :

Je me précipite sur mon sac, mais je n'ai pas le temps de toucher la lanière. Quelqu'un me tire violemment en arrière, et je tombe à la renverse. Celui qui s'est pris mon poing dans les ratiches se penche sur moi, me plaquant de nouveau son couteau sous la gorge. Il a l'air vraiment, vraiment en colère.

- Alors chérie, on voulait jouer à Wonder Woman ?

Son haleine est acide. J'arrête de respirer.

- Tu pourrais fermer la bouche ? Je ne tiens pas à mourir empoisonnée.

Il fronce les sourcils, mettant visiblement du temps à comprendre que je parle du fumet délicat qui s'échappe de sa bouche, puis serre les dents et me donne une gifle.

Le coup fait que je me cogne violemment le crâne sur le bitume.

Biiiiien, bravo ! Très malin. La prochaine fois, dis-lui carrément qu'il a une haleine de chacal, on gagnera du temps. [...]

J'attends qu'il soit assez près et, lorsque c'est le cas, je relève le genou et lui écrase les bijoux de famille. Il pousse un deuxième hurlement, encore plus fort que le premier.

Mesdames et messieurs, le Championnat d'Amérique de la voix la plus puissante est remporté par le clochard ! Et haut la main ! Applaudissements, je vous prie !

Je le contourne vivement et m'apprête à fuir quand son copain m'attrape par les cheveux, et me donne un coup de poing fulgurant dans la mâchoire.

Je ne fais plus semblant d'être sonnée. Je suis K.O. Au tapis. Kaput. Totalement HS. Il profite que je gis sans réaction sur le bitume pour me donner un coup de pied rageur dans le ventre. L'air s'expulse de mes poumons.

Une certitude fugace s'impose à moi : je vais mourir. [...] Une renonciation tranquille s'empare de mon être. Je vais mourir, c'est vrai, mais ces deux cloches en auront pâti avant de m'égorger. Je me serai défendue jusqu'à la fin. Mais là, je n'en suis plus capable. J'ai l'impression d'avoir le cerveau qui dégouline par les narines.

Ou alors un tout petit coup, histoire de finir en beauté...