Voilà un polar d'un nouveau genre, écrit avec virtuosité par le duo Nicci French.

Résumé à ma façon :

Il y a 13 ans, une petite fille a disparu en quelques secondes sur le trajet de l'école. L'histoire se reproduit aujourd'hui avec un tout petit garçon, Matthew. Aucune trace, pas d'indice : l'Inspecteur Karlsson commence à perdre pied. Mais voilà que Frida Klein, une psychothérapeuthe atypique, reçoit un patient qui lui parle de l'enlèvement d'un enfant qui ressemble parfaitement à la description de celui qui fait la une de tous les médias. Elle décide de mener l'enquête, à sa manière, Karlsson refusant furieusement son aide... du moins au départ. 

Lundi mélancolie

 

Mon avis :

C'est un livre très déroutant, j'ai même failli l'abandonner au début. Cependant il faut poursuivre au-delà des premières pages pour s'immerger dans ce récit passionnant, que j'ai ensuite dévoré ! Il y a de longues descriptions de la ville de Londres, dans laquelle Frida déambule et réfléchit. Les quartiers décrépits et les zones abandonnées ou en construction l'inspirent et servent de trame à son esprit si particulier. Elle fait des rencontres singulières, telles que celle de Joseph le maçon ukrainien qui devient son ami et son confident dans cette enquête éprouvante. L'ambiance est très surprenante, on se trouve plus dans une réflexion psychologique que dans un polar.

 

Londres

Londres, quartier deshérité

 

Sensation augmentée par le rythme original, assez lent puis qui s'accélère, des passages à vide, des lueurs d'espoir, tel que Frida décrit son travail avec ses patients. Ce récit est également plein de renseignements passionnants sur la psychologie en général et celle des tueurs en particulier ! J'ai beaucoup aimé l'ambiance sourde, presque brumeuse, comme celle de ce Londres ignoré que les personnages découvrent l'un après l'autre, bien loin des lumières des beaux quartiers. Il y a plusieurs récits en alternance non régulière, parfois on ne sait pas exactement qui parle, tout s'éclairant au fur et à mesure.

J'ai pensé après cette lecture à d'autres auteurs qui créent une ambiance si originale, telle Elisabeth Georges ou Martha Grimes. J'avais déjà lu beaucoup de polars de ces auteurs, cette nouvelle série m'a prise par surprise. Eh oui, parce que c'est une série, chacune centrée sur un jour de la semaine - même si l'écoulement du récit ne se fait pas sur une seule journée - c'est comme un point de repère, un caillou de petit poucet semé dans le récit !

Quelques informations :

Si, comme moi pendant longtemps, vous avez pensé que Nicci était un prénom et French un nom, je vais vous détromper : Nicci Gerrard écrit à deux mains avec son mari Sean French ! Ils sont britanniques, ont tous deux fait des études de littérature anglaise avant de mener une carrière de journalistes.

Je vous conseille chacun des romans de ce duo, qui se dévorent avec un plaisir infini.